Le grand entretien avec Inès Ligron : « C’est un moment de ma vie où j’ai envie d’être un peu plus en France »

Les images de la finale de Miss Universe France 2026 seront tournées ce dimanche 4 octobre à l’hôtel particulier Le Marois, à Paris, dans une salle de 120m2. Le nom des cinq finalistes sera connu le lendemain matin, alors que la gagnante sera nommée « dans les quarante-huit heures qui suivent » selon Inès Ligron, la directrice nationale du concours, qui se confie en exclusivité pour Tototheclock.

Inès Ligron, vous avez été nommée directrice nationale de Miss Universe France. Pourquoi avoir accepté cette mission ?

« C’était un bon timing pour moi. J’étais partie en Argentine jouer au polo, qui est une grande passion car je monte à cheval depuis que je suis toute petite. C’est quelque chose qui m’a permis de prendre des années de vacances de la mode et du mannequinat et j’ai monté une boutique-hôtel. L’année dernière, quand on m’avait proposé de reprendre le comité Miss Universe France, j’avais refusé. Cette année, ils m’ont rappelé en m’affirmant que je ne serais pas licenciée mais que je travaillerais directement pour l’organisation, qui garderait Miss Universe France en son sein. C’est un moment de ma vie où j’ai envie d’être un peu plus en France, même si j’y reviens tous les ans, alors pourquoi pas ? J’ai cherché des candidates mais je n’aurais jamais pensé que ce serait autant de travail. Mais je suis heureuse de commencer une aventure comme celle-ci ! »

Quelle identité est-ce que vous souhaitez donner au concours Miss Universe France ?

« Je veux que les candidates soient des femmes d’aujourd’hui, attachées à la mode. On va vraiment faire un focus sur les fashion week; on travaillera avec des couturiers, aussi bien Français qu’internationaux. Ce que je cherchais à travers cette édition, ce sont des filles belles, intelligentes, qui aiment la mode et qui ont une carrière au-delà du mannequinat. Je pense par exemple à Valéria Pavelin, une de nos onze finalistes, qui est chirurgienne-dentiste. On a beaucoup de profils de filles intéressantes, qui vont pouvoir avoir un impact sur les jeunes filles. »

Photo Josh Lieberman

On peut difficilement parler de votre carrière sans citer Riyo Mori, élue Miss Univers 2007 alors que vous étiez présidente du concours Miss Univers Japon. Qu’est-ce que cette victoire vous a appris ?

« Riyo Mori venait d’une petite région du Japon. Elle avait comme rêve de monter son académie et d’être role model pour les petites filles. Ce qu’elle a fait. Aujourd’hui, des milliers d’étudiantes suivent ses cours de danse. Gagner Miss Univers lui a donné la crédibilité dont elle avait besoin pour monter ce projet, elle a réussi à prouver qu’on peut transformer une jeune fille d’une petite région en quelqu’un qui est adapté pour représenter son pays mais aussi l’international. Je savais, et elle aussi, qu’elle allait être élue Miss Univers. Je l’avais préparée dans cet objectif, parce que je commençais à comprendre comment gagner le concours. L’année précédente, la Japonaise avait été élue première dauphine. Cette année, je sais que j’ai les codes pour que Miss Universe France remporte la couronne internationale. En tout cas, toutes les finalistes se visionnent avec le titre. »

Comment est-ce que vous les préparez à cet effet ?

« Je cherche à ce que la candidate croit vraiment en sa victoire. En 2007, Riyo Mori avait plié ses draps et fait ses valises avant la finale de Miss Univers. Elle savait qu’une fois couronnée, elle partirait directement en direction de New-York, et c’est ce qui s’est passé. »

Qu’est-ce qu’il manque aux candidates françaises pour être élues Miss Univers ?

« En 2016, Iris Mittenaere a gagné haut la main. Depuis, on n’a pas eu de candidates comme elle. C’est une roulette chaque année : on ne peut pas avoir quelqu’un comme Iris tous les ans. C’est d’ailleurs la seule année récente où le concours Miss Univers m’a intéressé, parce que la France pouvait gagner. Maintenant, on ne peut pas toujours savoir, il y a énormément de critères qui sont pris en compte. Je sais seulement qu’il y a eu des problèmes l’année dernière, mais j’ai été déconnectée. Quand j’étais directrice nationale, c’était une autre organisation, Donald Trump était le propriétaire. »

Les candidates ont vécu dix jours ensemble dans une villa. Photo Paul Bellon

Il y a eu du changement dans les concours depuis cette époque ?

« Pas vraiment ! Même pour moi, dans ma façon de préparer les candidates, il n’y a pas eu beaucoup de changement, mis à part que j’ai passé moins de temps avec les candidates cette année qu’à l’époque. On m’a demandé de monter une élection en deux mois et c’est une logistique énorme. Je pense que le changement majeur est que les directeurs nationaux ne restent plus autant qu’avant. L’identité est un peu diluée parce que les comités sont moins constants qu’avant. Avant, on avait les mêmes directeurs nationaux pour des années. »

Qu’est-ce que vous aimeriez que le grand public découvre de votre poste de directrice nationale ?

« Tout le travail qu’il y a à faire ! Comme il n’y a pas de grosse organisation établie, il y a beaucoup à faire. Il a fallu trouver des caméramans, photographes, stylistes, coiffeurs, créer une équipe de production, une équipe glam, etc. Au Japon, les partenaires et les designers me connaissaient et m’avaient validé. Ici, les sponsors attendent de voir ce qui va se créer avec Miss Univers en France avant d’apporter leur soutien. »

Quand Miss Univers France 2026 sera couronnée, la semaine prochaine, qu’est-ce que le public gardera de cette première promotion ?

« J’aimerais qu’ils se souviennent de très belles filles, qui ont vécu une aventure agréable. Elles ont beaucoup appris, même si elles avaient déjà fait des concours avant, comme Lou Ruat, Maxime Teissier, Lilou-Emeline Artuso, Mareva Michel, etc. La plupart de nos candidates se sont inscrites avec nous pour découvrir un nouvel univers parce que, ce qu’on propose, c’est complètement différent de ce qu’elles ont vécu avec la société Miss France. Au sein de Miss Univers France, toutes les finalistes sont pleinement engagées. Une fois, juste avant de partir à Saint-Tropez pour un shooting de dernière minute, le drone s’est cassé. C’était la catastrophe : on ne pouvait pas faire d’images dans le ciel depuis le yacht. Alors elles se sont toutes mises en campagne pour trouver un drone. Un autre jour, pour un dîner officiel, une des finalistes avait oublié sa robe à la villa, alors elles ont trouvé une solution. Ce sont des candidates incroyables, qui trouvent des solutions à chaque fois, dans une ambiance que je n’ai jamais rencontrée dans mes expériences passées. Les onze finalistes sont des femmes de tête et d’action. »

Propos recueillis par Thomas Chiarazzo


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