À Namur, Kira Tiarra est la première candidate transgenre et noire à participer à Miss Belgique : « Si les gens doivent me soutenir, ils soutiendront qui je suis réellement »

C’est une première. Kira Tiarra, 27 ans, animatrice socio-culturelle, est la première femme transgenre et noire à prendre part à un concours qualificatif pour Miss Belgique, celui de Miss Namur. Les résultats tomberont le 19 septembre prochain, lors de la finale Wallonne.

Kira Tiarra, Miss Belgique n’est pas votre premier concours…

« J’ai participé à Miss Trans Africa 2023-2024, concours que j’ai remporté. La couronne permet de mettre en avant des personnes trans issues d’Afrique. Si je participe aujourd’hui à Miss Belgique, c’est pour mettre en avant la diversité et l’inclusion au sein de la société. Quelque soit leurs origines, toutes les femmes ont leur place. »

Kira Tiarra, candidate à Miss Namur. Photo Organisation Miss Belgium

Pourquoi avoir fait le choix de dévoiler votre transidentité ?

« Ce n’est pas un choix particulier. Cela fait partie de mon identité, de mon parcours et de ma personne. Même si je décide de ne pas le mettre en avant, ce qui n’est pas mon cas, les gens le sauront tôt ou tard. Si les gens doivent me soutenir, ils soutiendront qui je suis réellement. »

Depuis la création du concours, seule une seule femme transgenre a atteint la finale nationale : pour vous, c’est une inspiration ou une pression en plus ?

« Lennie Blocksman est une inspiration ! Je suis la première femme trans noire à participer, mais si les autres ont pu faire ce pas, je peux faire celui-ci et même aller plus loin. L’objectif pour moi ce n’est pas que de gagner, c’est aussi avoir un impact, porter la voix des personnes à qui on a toujours dit que leur place n’était pas ici. Si je devais m’adresser à toutes ces personnes, je leur dirais qu’il faut aller dans les espaces où on les attend le moins, qu’il faut s’assumer telles qu’elles sont. C’est en prenant la place qui vous est dû que les gens sauront que vous existez. »

Aujourd’hui quel est le quotidien d’une femme transgenre et noire en Belgique ?

« On se pose beaucoup de questions sur la sécurité, les discriminations de genre, mais cela est commun à toutes les femmes. A cela s’ajoute la question du racisme auquel il faut faire face. Mais tout n’est pas mauvais, beaucoup de personnes sont ouvertes d’esprit, marchent à nos côtés et nous accompagnent au quotidien. »

Comment vos proches vous soutiennent-ils ?

« Ils ont toujours pris mes concours de Miss avec ferveur. Depuis mon sacre de Miss Trans Africa, ils m’ont toujours appelée « la miss », c’est comme une continuité de cela. On m’appelle d’ailleurs beaucoup plus comme ça que par mon prénom ! Je suis soutenue par de merveilleuses personnes et c’est ma plus grande joie. »

Avant la finale provinciale, comment vous sentez-vous ?

« Se préparer à Miss Belgique, ça met beaucoup de pression. Je dirais que je suis habituée à celle-ci, autant dans mon travail qu’à travers mes expériences passées. J’ai peur de ne pas faire certaines choses comme il le faut, mais j’aurais regretté de ne pas avoir essayé. Se donner des limites, c’est une manière de se bloquer. Je vis très bien mon aventure, j’ai fait la connaissance de très belles candidates avec qui je me suis rapprochée en dehors du concours et j’apprécie cela. Rares sont les pays en Europe qui offrent la possibilité aux personnes trans de se présenter à une élection de Miss, et ça me permet de mettre en avant l’inclusion. C’est une opportunité pour moi de faire entendre ma voix ainsi que celles de ceux qui n’en ont pas à cette échelle. »

Lien des votes : https://app.missbelgium.be/vote/Provinciaal2027/MN27


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