Qui est Louise Misako, la Franco-Canadienne qui représente la France à Miss Eco International ?

Le 22 mai prochain sera couronnée Miss Eco International 2026, en Egypte. La France sera représentée par Louise Misako, 33 ans, qui vit au Canada depuis maintenant douze ans.

Louise Misako a animé le panel « Leading through challenges and changes » à la John Molson Women in Leadership. Photo Concordia University

Il s’agit du septième concours international selon le classement Missosology. Le premier au Moyen-Orient. Le comité Miss Eco International couronnera sa nouvelle ambassadrice le 22 mai prochain, à Alexandrie (Égypte). Âgée de 33 ans, Louise Misako, femme aux multi-casquettes, représentera la France. Si elle a grandi en France jusqu’à ses 21 ans, Louise Misako, qui est née au Japon, réside au Canada depuis douze ans.

« Je suis française et je viens d’obtenir la citoyenneté Canadienne. Cela m’a pris plus d’une décennie, c’était un parcours semé d’embûches, d’autant plus qu’au Canada, on ne peut pas demander la résidence permanente tant qu’on est étudiant et j’ai fait de longues études », justifie-t-elle. Titulaire de deux maîtrises, elle porte « de multiples casquettes : architecte, enseignante en design, animatrice et mannequin ». « Quand j’ai participé à mon premier concours, Miss Face of Humanity, pour le Canada il y a quatre ans, je venais de recevoir la résidence permanente. J’aime à dire que j’avais le syndrome Hannah Montana. La journée, j’étais architecte, et le soir, je menais mes activités humanitaires et de représentation en tant que Miss. Il n’y avait aucun lien entre les deux. » Dans son milieu, elle est surnommée « l’ArchiChic ». « Avant, je menais une double vie, mais maintenant je l’assume et je veux montrer cet équilibre : une femme peut avoir un très grand impact dans sa vie quotidienne mais aussi avoir un côté plus chic et glamour. Les concours d’ambassadrices m’ont apporté énormément d’opportunités de développement personnel », confie la Franco-Canadienne.

Le Consul général d’Egypte Nabil Mekky (chef de la mission diplomatique), le consul d’Egypte Mohamed Atef et le président de la Maison France Montréal Yan Niesing aux côtés de Louise Misako. Photo Lucie Milcent

Des concours d’ambassadrice ? « Je n’utilise pas le terme de « concours de beauté », explique Louise Misako. Je me considère avant tout comme une ambassadrice. Mon objectif est d’attirer la lumière vers moi pour mieux la rediriger vers des causes que je défends et les partenaires avec lesquels je m’engage. » Dans sa préparation, tout est réfléchi, même son nom. Si elle a choisi de conserver une part de sa vie privée, c’est sous un pseudonyme qu’elle prend part aux compétitions. « Louise, c’est mon prénom, et Misako est le prénom japonais que mes parents m’ont donné et qui signifie “beauté”. » Survivante de harcèlement scolaire durant son adolescence, elle a longtemps entendu l’inverse de ce mot censé définir son identité. « Il m’a fallu près de vingt ans pour assumer qui je suis et toutes mes facettes. Ajouter ce nom à côté de mon prénom est une manière de me rappeler quotidiennement ma valeur. » Mêler ses deux prénoms lui a permis de lancer le hashtag « Misako4MissEco », une idée de son mari. Pour cette aventure, elle a choisi de porter un message plus grand qu’elle-même : « J’espère inspirer d’autres femmes à dépasser leur syndrome de l’imposteur, car les seules limites sont souvent celles que l’on s’impose. »

Louise Misako a officiellement lancé sa candidature le 22 avril (jour de la terre) à la Maison France Montréal. Photo Lucie Milcent

Afin de « contribuer à bâtir un futur plus inclusif et durable », la Miss Eco France compte bien suivre « les dix-sept objectifs de développement durable des Nations Unies, parmi lesquels l’autonomisation des femmes et la promotion de la jeunesse ». « Je travaille comme architecte pour un gestionnaire immobilier sur des portefeuilles publics, je dois suivre la stratégie du gouvernement vert de notamment réduire de 30% l’impact carbone des projets ». En parallèle, Louise Misako « enseigne le design intérieur à Montréal ». « Quatre de mes étudiants ont remporté un prix l’année dernière avec Interior Designer Canada », livre-t-elle fièrement. « Femme aux multiples facettes », elle « essaie d’influencer son industrie vers des pratiques plus durables » notamment à travers des conférences entre la France et le Canada qu’elle anime et modère.

Avant de s’envoler en Égypte, le 13 mai prochain, Louise Misako posera ses valises en France pour suivre un entraînement aux côtés de Safiétou Kabengele, ex Miss Grand France, dès ce vendredi 8 mai 2026. « C’est déjà elle qui m’avait entraînée pour le concours de Miss Eco Canada, où j’avais terminé deuxième, ce qui m’avait permis de recevoir le titre français », explique Louise Misako. En attendant, elle vient d’organiser une soirée de lancement officiel de candidature, à la Maison France de Montréal, en présence notamment de Nabil Mekky, Consul General de la République d’Egypte à Montréal. À cette occasion, Miss Eco France a présenté « quatre des tenues » qu’elle portera lors du concours. Et, petite particularité, toutes sont upcyclées « avec certaines de mes robes de précédents concours dont quatre de mes huit robes de mariée ! Ma robe finale, l’une de mes robes de mariées, sera upcyclée pour la quatrième fois. Ma marque de fabrique, justement, c’est que, des bâtiments aux vêtements, je transforme pour ne pas jeter. Depuis la nuit des temps, l’avenir se construit avec ce qui existe déjà. J’essaie de m’engager au maximum auprès de partenaires locaux, des femmes entrepreneures qui ont décidé d’ajouter un aspect durable à leur business. » Pour l’international, Louise Misako a décidé « de lier des partenariats qui faisaient sens ». La pression qu’elle se met, c’est donc celle « de tous les gens derrière » sa participation. Pour tout cela, la Franco-Canadienne estime avoir « une candidature solide » à Miss Eco International.

La Franco-canadienne a lancé le #Misako4MissEco. Photo Alyssa Chebli

Membre de « l’industrie la plus polluante du monde » (l’immobilier représente 34 % des émissions de carbone dans le monde selon l’UNEP), Louise Misako veut, au quotidien, « permettre d’avoir un impact environnemental plus fort » et ce « dès le choix des matériaux » à utiliser dans la construction des bâtiments. « Me forger une crédibilité dans cette industrie a pris huit ans, admet-elle. L’industrie de la construction et de l’immobilier est dans une bulle mais notre mission est de bâtir le futur et des espaces où les gens se sentent bien. Mon job c’est de m’assurer que tout le monde se sente inclus, de la personne en chaise roulante, à la maman et son bébé en passant par les personnes malvoyantes. »

« Sick Kids Fired Up Gala » a Toronto le 6 mars dernier. Aux côtés d’autres Miss Canadiennes, invitées par Paola Ortiz, maquilleuse officielle de Miss Universe Canada. Louise Misako est 3ème en partant de la gauche. Tout à gauche, Svetlana Mamaeva, Miss World Canada. Photo Jonathan Levy

Âgée de 33 ans, celle qui s’est mariée l’année dernière dans le sud de la France espère pouvoir utiliser « cette plateforme » pour défendre ses valeurs. « Survivante de harcèlement scolaire, immigrante, femme dans une industrie dominée par les hommes et considérée comme une jeune professionnelle », Louise Misako n’a « jamais été prise au sérieux ». « J’ai dû me battre deux fois plus pour faire ma place dans ce pays et cette industrie, je sais ce que ça fait de se sentir exclue et pas représentée. Quand j’étais plus jeune, je regardais le concours Miss France, et j’enviais la confiance que ces femmes projetaient sur scène. Vingt ans plus tard c’est finalement mon tour, mais c’est assez drôle de se dire qu’il a fallu que je participe d’abord à des concours canadiens pour avoir l’opportunité de représenter la France. »

La finale de Miss Eco International sera diffusée en live sur Youtube, le 22 mai prochain. Depuis 2015, une seule représentante française, Chloé Jovenin, en 2019, a atteint le Top 10. Les quatre autres, Marcie-Mélissa Monfret (2016), Sonia Mansour (2017), Pauline Lellieux (2018) et Laure-Emmanuelle Marion (2024) ne se sont pas classées en finale.

Il est désormais possible de voter pour Louise Misako. Les fan vote sont ouverts : https://missecointernational2026.sqors.com/louise-3331. Pour lui permettre d’intégrer directement le Top 21, il est également possible d’aller liker la vidéo Youtube la présentant.

Thomas Chiarazzo pour Tototheclock


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