L’art du drag, c’est un peu l’art d’être soi-même. Patsy Magret en est la preuve. En novembre dernier, elle dressait un premier bilan de sa carrière pour Tototheclock et prévoyait déjà son année 2026.

« Quand j’ai commencé, j’entendais déjà les plus anciennes de notre génération dire qu’on était trop », lâche d’emblée Patsy Magret. Autoproclamée Big queen of Paris, titre que l’on retrouve dans sa bio Instagram, l’artiste drag estime qu’il est « important de dire qui l’on est ». « J’ai de grosses fesses, de grosses cuisses. C’est un de mes combats, on est toustes singuliers, et c’est ce qui permet de casser les codes. Je ris fort, je parle fort, et c’est pour ça qu’on aime Patsy Magret. »
C’est « une vraie entité » qui s’est créée avec Patsy. En 2019, à l’occasion d’une soirée d’Halloween, sur le thème Dia de los Muertos, elle remporte un concours de looks. Au moment du Covid, s’enchaînent « de petits délires en drag » sur les réseaux sociaux, qui la font connaître au public. Tous les lundis, elle anime alors une émission de recettes, avant d’animer des karaokés jusqu’à quatre fois par semaine dès le début de l’année 2022.
« J’organisais déjà des concours drag, et au bout de deux ans je me suis dit : mon métier c’est la scène, il faut que je le crie haut et fort », clame Patsy Magret. Contrairement à beaucoup d’artistes françaises, elle ne s’est pas encore présentée au concours Drag Race France. « Ça ne sert à rien d’avoir une médiatisation énorme pour ne rien faire après, j’attends que mes spectacles soient un peu plus installés, que ça ait du sens du début à la fin », détaille-t-elle.
Le 27 novembre 2022, elle participe même à une vidéo du youtubeur Squeezie, QUI EST L’IMPOSTEUR ? #5 (ft Clara Luciani, Laura Felpin). « Je l’ai pris avec beaucoup de recul à l’époque, ce n’était mon métier que depuis un an. L’expérience a été géniale mais les retours sur les réseaux ont été violents. Comme toujours, les gens qui s’exposent sur les réseaux sociaux reçoivent beaucoup de critiques », déplore Patsy. Dans son public, de manière générale, l’artiste fait face à « plein de regards différents, ceux qui connaissent, ceux qui aiment, ceux qui détestent, c’est la vraie vie… ».
Mais si des spectateurs ont un regard négatif, qu’à cela ne tienne, Patsy Magret les « éduquera » à sa façon. « Au début, quand je me produisais dans des lieux plus hétéros, je répondais beaucoup aux questions. Les femmes sont très ouvertes, mais les hommes nous sexualisent beaucoup. Il y a beaucoup de masculinité toxique. Mon travail prioritaire a toujours été de montrer aux gens qui nous sommes vraiment. Être un.e artiste drag, que l’on soit queen, king, créature, queer, c’est l’art d’être soi-même. Derrière chaque profil drag, il y a une personne différente. »
Patsy Magret y tient d’ailleurs : « le drag, c’est un vrai métier, et c’est de l’humain. Tu ne fais pas ce métier si tu n’aimes pas les gens ». Pour 2026, la queen a pour objectif de continuer à se produire en spectacle – dont un nouveau lancé à la fin du mois de novembre 2025 – où le public participe dans un concept de podcast façon Late Show. « J’aimerais continuer à faire du show et in fine avoir un seul en scène à mon image. » Une réussite qu’on lui souhaite vivement.

Laisser un commentaire