Célya Abatucci représentera la Martinique à Miss Universe : « J’ai appris à garder mon authenticité, même face aux attentes extérieures »

Le 21 novembre prochain, Célya Abatucci portera fièrement les couleurs de la Martinique sur la scène internationale de Miss Univers. Préparée par Steeven Jean-Yves Zamor, agent de mannequin et directeur national, la jeune trentenaire a répondu aux questions de Tototheclock, un mois avant son grand départ.

Tototheclock – À 31 ans vous vous êtes présentée à Miss Universe Martinique, votre premier concours. Pourquoi celui-ci ?

Célya – « C’est une opportunité qui s’est présentée à moi. J’ai beaucoup réfléchi en début d’année, pour savoir si je me présentais ou pas. J’avais envie de me dépasser, voir jusqu’où je pouvais aller, et je me suis lancée. Je me retrouvais plus dans les codes de Miss Universe, le concours correspondait à mes valeurs, à mon projet humanitaire. Pour moi, c’est très important d’utiliser sa voix à travers cette plateforme. »

Tototheclock – Votre cause, justement, laquelle est-ce ?

Célya – « Ma cause est la précarité menstruelle. C’est un sujet qui me touche beaucoup. En France, 2,8 millions de femmes sont touchées par cette précarité. Je travaille donc en collaboration avec des associations martiniquaises et plusieurs institutions pour prévoir des actions sur le terrain. »

Tototheclock – Quelles qualités avez-vous développées depuis votre sacre ?

Célya – « Depuis mon sacre, j’ai appris à me connaître profondément. Cette aventure m’a permis de développer ma résilience, ma discipline et ma gestion du stress. Mais surtout, j’ai appris à garder mon authenticité, même face aux attentes extérieures. J’ai aussi développé une grande capacité d’écoute et d’adaptation, parce qu’être Miss, ce n’est pas seulement briller, c’est savoir comprendre et représenter les autres avec bienveillance. »

Tototheclock – Si vous remportez le titre de Miss Universe, qu’est-ce qui changerait pour vous ? Pour votre île ?

Célya – « Pour moi, ce serait une immense responsabilité, mais aussi une occasion unique d’avoir un impact à plus grande échelle. Je pourrais donner encore plus de visibilité à mes engagements, notamment sur la santé mentale et la précarité menstruelle. Et pour la Martinique, ce serait une fierté collective. Être la première à porter la voix de notre île sur une scène mondiale serait un message fort : celui qu’une petite île peut avoir une grande voix, une culture puissante et un cœur immense. »

Célya Abatucci. Photo @ady_de_brad

Tototheclock – Quelle image de la Martinique aimeriez-vous donner à l’international ?

Célya – « J’aimerais qu’on voie la Martinique comme un joyau dans les Caraïbes. C’est une île de 400 000 habitants, à l’échelle internationale, c’est très petit, mais notre culture est très riche, autant par nos paysages que nos traditions. Il faut montrer qu’on existe et qu’on brille. »

Tototheclock – Pour vous, quelles sont les responsabilités d’une Miss dans le monde actuel ?

Célya – « Aujourd’hui, une Miss doit être bien plus qu’une image, elle doit incarner des valeurs, défendre des causes, et utiliser sa visibilité pour inspirer des actions concrètes. Dans un monde en mutation, une Miss représente aussi une forme de leadership féminin : celui de la douceur, de la force et de l’intelligence du cœur. C’est une ambassadrice, mais aussi une actrice du changement social et environnemental. »

Tototheclock – Dans 20 ans, comment aimeriez-vous que les gens se souviennent de votre participation ?

Célya – « J’aimerais qu’on se souvienne de moi comme d’une femme vraie, engagée, qui a osé être elle-même, pas seulement pour une couronne, mais pour un message. J’aimerais qu’on se dise que j’ai ouvert des portes, inspiré des jeunes filles à croire qu’elles peuvent elles aussi réaliser leurs rêves, sans renoncer à leurs racines. »

Le portrait officiel de la Martinique pour Miss Universe.

Tototheclock – Quels aspects de la culture martiniquaise aimeriez-vous mettre en avant ?

Célya – « La Martinique est un joyau de diversité ! J’aimerais mettre en avant notre résilience, notre créativité, notre rapport à la nature et la chaleur de notre peuple. À travers la gastronomie, la musique, la mode ou nos traditions, il y a une fierté à transmettre ; celle d’une culture métissée, vivante, profondément humaine. Je veux montrer que la Martinique, c’est bien plus qu’une destination : c’est une âme. »

Tototheclock – Comment vous définissez-vous : française ou martiniquaise ?

Célya – « Je me définis comme française de cœur et martiniquaise d’âme. Ma double identité est une richesse : la France m’a donné une ouverture sur le monde, la Martinique m’a donné mes racines, ma force et ma lumière. Je suis la rencontre de ces deux réalités — une femme d’ici et d’ailleurs, fière de représenter à la fois mon île et mon pays. »

Propos recueillis par T.C.


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