L’une a représenté la France à Miss Grand International 2022, l’autre à Miss Ecology International l’année suivante. En 2025, Lucie Carbone, 27 ans, gestionnaire administrative originaire de Nice ; et Léna Vairac, 25 ans, Community manager et créatrice de contenu originaire de Guadeloupe et de Lorraine, représenteront respectivement la Corée du Sud et la France au concours international de Reina Mundial del Banano, en septembre prochain. Toutes les deux ont reçu leurs titres à l’issue du concours Miss International France, auquel elles ont participé le 5 juillet dernier. Entretien croisé avec les deux reines de beauté.

Tototheclock – Comment vous avez vécu cette expérience de Miss International France ?
Léna : J’étais partie du principe qu’après plusieurs concours à l’échelle nationale, ce serait mon dernier. J’ai appris à me surpasser, à dépasser mes limites. Je me suis entraînée en éloquence, en catwalk, je menais déjà des projets associatifs mais je voulais aller plus loin, et j’ai donné tout ce que je pouvais en terme de concours de Miss.
Lucie : Cette expérience était assez inédite pour moi : c’était mon retour sur les concours nationaux depuis Miss Grand France en 2022. J’ai trouvé ça fantastique, et je ne résume pas seulement ça à la journée de la finale, mais tout au long de l’aventure, depuis l’inscription. On a été suivies par le comité, on a été coachée, en maquillage, en coiffure, en préparation mentale. J’ai beaucoup évolué sur beaucoup de points pour l’international. Je me suis énormément amusée, ça s’est ressenti sur place, à travers le public et le jury.

T – Vos précédentes expériences à l’international vous ont-elles poussées dans l’aventure ?
Léna : Pour ma part, oui. À côté de Lucie, j’ai fait un concours à plus petite échelle, mais toutes les candidates s’étaient préparées comme pour Miss Universe. Pour les filles d’Amérique du Sud et d’Asie du sud est, c’est une porte d’entrée vers de très grande choses, c’est un tremplin pour leur carrière. Quand je suis partie à Miss Ecology, je n’étais pas du tout préparée. Cette année, je suis partie à Miss International France comme si j’étais déjà à l’étape internationale ; je me suis inspirée de leur mantra : « il n’y a pas de petites victoires, pas de petits concours ».
Lucie : Je pars du principe que tous les comités ont une D.A. différente. C’est assez compliqué de calquer les critères de chacun, il faut analyser chaque concours dans son entièreté pour connaître son identité, son approche. Avoir des expériences à l’international, ça permet d’avoir une stratégie pour soi-même, s’évaluer au fil du temps, voir son évolution sur scène, être plus à l’aise dans sa gestion du temps, dans sa mise en beauté. Je rejoins aussi Léna concernant l’international. On croise des cultures extrêmement différentes vis-à-vis des concours, et c’est très inspirant.

T – Et justement, comment vous avez réussi à vous mettre en avant par rapport à la D.A. de Miss International ?
Lucie : C’est un travail d’analyse et de jugement. On savait que pour Miss International, c’était axé sur la diplomatie, l’entente entre les différentes cultures, mais aussi le développement durable. Miss International, visuellement, c’est l’élégance, la grâce. C’est quelque chose que j’ai pu appliquer dans ma garde robe, avec des tenues qui me correspondaient, dans lesquelles j’étais à l’aise. J’ai aussi pu insister sur mon engagement associatif avec Cosp’Ital ; parce que pour apporter les sujets de la maladie auprès des services de pédiatrie, il faut une certaine délicatesse.
Léna : Que ce soit pour Miss Grand, Miss International, j’ai toujours présenté une seule partie de moi. Je suis gémeaux, j’ai toujours dit que j’avais plusieurs parts de moi-même. Pour Miss International, c’est une part diplomate, chez Miss Grand, plus sulfureux. Ces parties de moi créent mon identité. C’est pareil dans ma garde robe. Moi, qui suit fan de mode avec un style très versatile, j’ai pu montrer un côté élégant. À Reina Mundial del Banano, ce sera une partie beaucoup plus colorée, plus latina.
Lucie : Et d’ailleurs, il y aura certainement dans la garde robe de Léna un peu de développement durable, avec des pièces de seconde main. Le concours nous a aussi demandé d’amener des tenues florales, qui rappellent le climat tropical !
Léna : Et ça tombe bien, parce qu’on part en septembre, et qu’il fera chaud ! (rires.)

T – Vous n’avez pas fait partie du top 3 pour Miss International France, est-ce une déception pour vous ?
Léna : Contrairement à Lucie, j’ai été élue le 5 juillet quand même. Si je n’avais pas été dans les critères de Reina Mundial del Banano, j’aurais terminé 2e dauphine de Miss International France, je serais repartie avec une écharpe. Sur le moment, j’étais un peu sous le choc, je ne visais pas ce concours là. Certes, je pars à l’international, mais ce n’était pas la couronne que j’espérais. J’étais à la fois contente et à la fois choquée. Je ne savais pas trop ce qu’il se passait dans ma tête, et d’ailleurs je crois que ça se voit sur les photos de l’élection (rires). J’ai eu quelques remarques dans mes MP de personnes très virulentes me disant que je n’étais qu’un lot de consolation. Dans un premier temps, ça ne m’a pas permis d’apprécier ma couronne à sa juste valeur. En France, on n’a pas cette culture des concours de beauté, mais c’est important qu’à notre échelle on puisse soutenir de plus petits comités, qui sont légitimes également.
Lucie : De mon côté, j’ai un système assez singulier. En temps de compétition, je scinde mon cerveau en deux : la possibilité victoire et la possibilité défaite. Je prévois l’après de l’un ou de l’autre cas à chaque fois. Ça permet, en cas d’échec, de diviser la déception par deux, et en cas de victoire, de multiplier de manière exponentielle les émotions. Je donne tout ce que j’ai en terme de ressources physiques et de ressources mentales pour chaque concours, tout en sachant qu’il faut s’amuser. Je prends le positif bien sûr, mais aussi le négatif, c’est un apprentissage sur le long chemin que je parcours dans ce milieu. Représenter la Corée du Sud, ça a été une très belle surprise, en plus des deux prix que j’ai pu recevoir à Miss International France. En Corée, il y a ça d’assez particulier que c’est une société qui est énormément construite sur la beauté, mais le grand public n’a pas connaissance des concours, et j’aimerais les démocratiser là-bas.

T – Lucie, tu avais déjà eu des opportunités de représenter la Corée mais tu n’avais jamais sauté le pas, pourquoi maintenant ?
Lucie : Je suis née à Nice, je suis Française, donc je ne me sentais pas légitime. Ma mère est coréenne, c’est pour ça que j’ai le visa résidence longue durée en Corée. J’ai également étudié une année à l’université en Corée, en 2020. En 2018, quand j’ai commencé les concours de beauté, je ne connaissais rien du pays, de son histoire, de sa société. Maintenant que j’ai mon visa, dans mon esprit, ça solidifie ma légitimité. Je me renseigne également quotidiennement sur les actualités coréennes. J’ai des lacunes sur beaucoup de domaines, on ne peut pas rattraper vingt ans d’absence, mais je fais du mieux que je peux.
T – Léna, tu as été élue Reina Mundial del Banano France, alors partir avec une concurrente directe, c’est un avantage ou un désavantage ?
Léna : C’est un énorme avantage (rires) ! On en avait parlé ensemble. De tous les concours que j’ai fait, j’ai fait beaucoup de rencontres, mais avec Lucie, il y a quelque chose d’hyper particulier. Avec nos deux expériences communes, et surtout avec le fair-play dont on fait preuve, je vois ça comme l’opportunité de partager de beaux moments. Au delà de la compétition, il y aura aussi toute une aventure derrière.
Tototheclock – Est-ce qu’on peut avoir des petits indices sur vos costumes nationaux ?
Léna : C’est dans les bacs ! Ce sera en collaboration avec une couturière alsacienne et une artiste burlesque !
Lucie : De mon côté, je vais utiliser les ressources et les connaissances que j’ai en tant que cosplayeuse pour travailler le costume. Et comme indice, ce que je peux dire : vous voyez la Kpop ? Ce ne sera absolument pas ça !
Page Instagram de Léna : @lena.vairac / Page Instagram de Lucie : @lucie.carbone
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