Aurélie Joachim, Miss World Martinique : « Miss Monde c’est un mélange de culture »

Candidate à Miss France en 2017, Aurélie Joachim se lance le défi, neuf ans après, de représenter la Martinique à Miss World, qui se déroulera le 31 mai prochain en Inde. Pour Tototheclock, elle revient sur son parcours. Entretien réalisé par Thomas Chiarazzo.

Miss Martinique 2016, Candidate à Miss France en 2017, puis Miss World Martinique 2025, Aurélie Joachim, 27 ans, s’apprête à représenter son île au 2e plus grand concours de beauté international.

Tototheclock – Vous avez représenté la Martinique à Miss France en 2017, qu’est-ce qui vous a motivé à participer à un nouveau concours, neuf ans après ?

Aurélie Joachim – Plus qu’une motivation, c’est une opportunité qui s’est présentée à moi. J’aime dire qu’où qu’on aille dans notre vie, on représente la Martinique. J’ai eu l’occasion de beaucoup voyager et de toujours représenter mon île. J’ai aussi mon association, « Maison Lanmou », que je veux porter plus haut. C’est une occasion d’inscrire ce projet humanitaire dans ma participation à Miss World. C’est certainement aussi pour ça qu’on m’a proposé de participer. Au delà d’un concours de Miss, c’est une plateforme pour mettre en avant ce qu’on a envie de changer.

T – Comment avez-vous évolué en neuf ans ?

A – Je pense que c’est une prise de maturité, rien qu’avec mon premier concours, Miss Martinique 2016. Il y a eu un avant et un après Miss France. En neuf ans, j’ai découvert un peu plus qui j’étais, la femme que je veux être et celle que je ne veux pas être. C’est vraiment une affirmation de moi-même et une maturité qui s’est révélée.

Aurélie Joachim lors de l’élection Miss France 2017

T – Pour vous, quel est le point fort de la Martinique sur la scène internationale ?

A – Je suis très chauvine alors pour moi mon île rayonne de mille feux. Nous avons des Miss, des athlètes, des artistes. C’est un joyau de la caraïbe, une île métissée de plusieurs cultures, d’Inde, de Chine. Miss World c’est aussi ça, le mélange de culture. La Martinique a tout à fait sa place dans un concours comme celui-ci.

T – Est-ce qu’il y a une tradition martiniquaise que vous tenez à faire découvrir au monde ?

A – C’est pas vraiment une tradition mais c’est la résilience des Martiniquais, c’est quelque chose d’intrinsèque chez nous. Je veux montrer que neuf ans après je peux encore briller, et que les Martiniquais sont là, malgré le contexte social sur l’île, on continue à avancer et à se battre pour notre île.

T – Quel est votre projet « Beauty with a purpose » ?

A – J’ai choisi de défendre la cause de la santé mentale, c’est quelque chose de très tabou, surtout dans les Antilles. J’ai une personne de ma famille qui a une maladie mentale, j’ai trouvé qu’il y avait un manque d’information et d’accompagnement sur certains points. A travers l’association Maison Lanmou, qui existe depuis un an, je déstigmatise, je libère la parole et je donne plus d’informations aux personnes qui souhaitent se renseigner sur le sujet. A travers ce projet, je souhaite mettre en avant le fait qu’on a le droit d’être aidé, de ne pas nous sentir bien. On peut en parler quand ça ne va pas ; tout le monde a de la valeur, on a le droit et on a le devoir d’aller bien. Dans le cadre de Miss World, on doit réaliser une vidéo de trois minutes pour expliquer le projet et les actions qu’on a mené avec celui-ci. Un jury choisit le projet qui les a le plus touché et la gagnante est désignée pendant un gala.

Aurélie Joachim. Photo MW Martinique.

T – Qui est la femme qui vous inspire le plus ?

A – Ma maman ! C’est la réponse la plus simple mais en réalité, plus je grandis plus je vois sa résilience, son charisme et sa douceur. Quand je vois ce qu’elle fait dans ses associations, c’est vraiment un modèle pour moi. Elle me soutient, elle était présente à l’aéroport lors de mon départ, comme toute ma famille d’ailleurs.

T – Quelle est l’expérience que vous retenez le plus dans votre préparation à Miss Monde ?

A – Grâce à l’écharpe, j’ai pu faire la visite du personnel de la cellule psychologique de l’hôpital universitaire Mangot Vulcin. Ça m’a touché de voir qu’avec l’écharpe, je peux lier des liens avec des professionnels de ce secteur, et que je peux avancer dans mon projet.

T – Quelle place occupent les réseaux sociaux dans votre candidature ?

A – Je ne suis pas une personne très présente sur les réseaux sociaux dans ma vie personnelle, mais depuis l’annonce de ma participation, j’essaye d’être un peu plus présente, de montrer comment ma vie a changé depuis que j’ai reçu cette écharpe. Les réseaux n’ont pas une place centrale parce que pour moi c’est important de vivre l’aventure à fond, mais ça permet de faciliter les échanges d’émotions et de communiquer avec tout le monde. J’ai déjà pu communiquer sur Instagram avec Miss Ethiopie et Miss Mexique, que j’ai hâte de rencontrer !

T – Comment envisagez vous l’après Miss Monde ?

A – Je ne visualise pas vraiment. Pour le moment, le concours me donne beaucoup de visibilité sur mon projet ; beaucoup de personnes me posent des questions dessus. Je vais continuer cette association. Je me suis également réorientée cette année dans un master en gestion d’entreprise, et je souhaite poursuivre ces études.

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