Loéline Grimaud a 17 ans et étudie en lycée professionnel. Atteinte de trisomie 21, elle participait il y a quelques semaines à Mademoiselle Loir-et-Cher 2023 puis se lançait dans la compétition Miss Modèle de l’égalité France en représentant le Centre-Val-De-Loire. Elle est la première trisomique à atteindre le niveau régional d’un concours en France. L’interview s’est déroulée en compagnie de Sylvie, sa mère.

Tu avais fait Mademoiselle Cher il y a quelques semaines, qu’en retiens-tu ?
Je n’ai pas pu gagner mais je me suis sentie à l’aise sur scène, j’ai pu changer le regard des gens sur le handicap. J’aimerais faire des défilés et travailler dans la mode et avec le concours, j’ai pu rencontrer beaucoup de monde, et beaucoup de personnes sont venues vers moi pour me parler. J’ai rencontré les anciennes Mademoiselle, c’était un bon esprit de solidarité qui m’a aidé à aller au bout de cette aventure. Ça a été un petit tremplin pour moi.
Pourquoi t’être lancée dans Miss Modèle de l’égalité ?
Anaïs Mareau organise des concours pour des personnes avec des causes pour changer les gens. Le comité m’a dit qu’ils pourraient l’aider à faire ce que je voulais véhiculer. J’ai eu une visio avec Anaïs, et ils m’ont proposé de représenter la région en Normandie au mois de Novembre pour défendre cette cause et montrer que même avec une différence on a sa place dans ce monde-là.
Est-ce que tu crains le regard du public sur ton handicap ?
J’ai peur des gens qui critiquent, mais j’entends rien sur scène. J’adore monter sur scène, je fais le show. J’ai eu peur, comme toutes je pense, mais je prends énormément sur scène, ce que je produis sur scène, c’est chouette. J’ai même défilé dans une boite de nuit l’autre jour pour des étudiants. La peur s’en va à ce moment-là. Je me sens belle grâce aux gens présents.
En général, comment gères-tu le regard des autres ?
Je ne regarde pas les personnes qui me semblent pas gentilles. Je ne comprends pas qu’on parle sur ça. Le lycée ça a été compliqué, parce que tout bonnement les jeunes ne savaient pas ce que c’était une trisomie 21. Il faut que je fasse mes preuves plus que les autres. C’est à moi de m’adapter. J’ai une déficience intellectuelle, je raisonne comme tous les autres mais avec un retard. Les élèves sont adaptés à moi, mais à la fin j’étais trop cocoonée, j’aimais pas. C’était un peu étouffant.
|sa mère complète] Les profs ont mis leur véto à ce qu’elle passe le CAP. Ils vont valider des compétences avec cette formation. Elle a fait un stage avec un cuisiner traiteur, qui l’a pris en stage 6 semaines en tout, qui a un projet d’emploi de personnes comme Loéline, et elle a su montrer qu’elle était à même de travailler avec lui. Le cap disparaît donc il n’y aura plus de cuisine du tout, et on a peut-être trouvé la solution. Ça reste un endroit de rencontre, de partages et de formation. Elle est jeune, elle à tout à apprendre et il faut lui laisser le temps.

Sur les réseaux-sociaux, tu es très soutenue, penses-tu que cela puisse jouer en ta faveur le soir de la finale ?
Oui, ça m’a amené énormément de soutien, ça me porte et ça me montre que ma place est bien parmi les autres. Ma mère filtre tout. J’ai eu du mal à accepter ma différence, à parler de trisomie 21, mais ça me donne des rencontres, la richesse de pouvoir parler à des gens de mes projets et de mes rêves. [sa mère complète] Partout où elle passe, elle marque. Avec sa petite personne elle marque le regard des gens sur le handicap.
Comment penses-tu gérer ton titre si tu es élue ?
Des Tik Tok ! On va apprendre sur les réseaux-sociaux, mettre des messages, ça reste simple. On ne part pas pour ce titre, on part surtout pour s’amuser. On va là-bas pour faire plaisir, une belle soirée, chacun aura gagné. Il va y avoir un test de culture générale, qui me sera adapté. On va là-bas pour vivre un bon moment. On va partager des jeux, des soirées, des shooting photos. Je vais être la plus jeune dans un concours mixte. [sa mère complète] A Mademoiselle Loir-et-Cher, quand ils ont accepté sa candidature, ils ont refusé les accompagnateurs. Je n’ai jamais été présente. Ça a été compliqué pour elle, mais elle a géré. Le comité Modèle de l’égalité m’a dit que je faisais partie intégrante, que Loéline pouvait apporter une feuille pour le discours, je pouvais l’accompagner sur scène.
Son rêve est de participer au tournage de la série Ici tout commence.

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