A l’occasion du concours Miss France 2024, nous avons eu l’occasion de rencontrer Sonia Coutant, Miss Jura élue Miss Franche-Comté 2023. Endométriose, scandale Orpea, ruralité, elle a accepté de répondre à toutes nos questions en toute franchise.

Ca fait plus d’une semaine que vous êtes Miss Franche-Comté, êtes vous remise ?
ll m’a fallu un peu de temps pour réaliser ce qui m’arrivait car tout est allé très vite mais assez lentement à la fois, entre Miss Jura en mai et l’élection en octobre. En l’espace d’un claquement de doigts j’avais la couronne sur la tête. En une semaine j’ai fait tous les plateaux tv, j’ai reçu des messages sur les réseaux sociaux. J’ai pu fêter cette victoire, un peu rapidement oui car il faut se concentrer sur l’objectif suivant mais je commence à réaliser petit à petit.
A l’approche de Miss France, comment vous préparez-vous ?
Pour le moment je suis surtout présente sur de nombreux évènements et je dois regarder ce qu’il me manque, ce qu’il me faudra, faire mes valises. Je n’ai pas forcément de préparation, si ce n’est sur les réseaux-sociaux et rencontrer les gens. Je ne vois pas comment avoir le soutien de ma région sans qu’ils sachent qui je suis. Je vais utiliser ce temps qu’il me reste à la rencontre des franc-comtois, surtout que cette année la Franche-Comté est dans les dernières régions élues.
Vous avez aussi décroché le prix de la culture générale, est-ce un plus pour Miss France selon vous ?
Pour moi c’était un objectif que je m’étais fixé, je voulais la meilleure note, c’était vraiment très important. C’est pas suiffant de savoir danser, défiler. On rentre quand même [en tant que Miss] dans des sphères importantes, on rencontre beaucoup d’élus, de personnalités. Il faut avoir quelque chose qui va se démarquer des autres.
En 20 ans, vous êtes seulement la deuxième jurassienne à partir à Miss France après Coralie Gandelin, est-ce une fierté ?
Bien-sûr, c’est une grande fierté, et les jurassiens sont très chauvins en plus ! C’est très symbolique pour moi, et les deux dernières miss France élues en Franche-Comté étaient du Jura, alors : Jamais deux sans trois ?
Dans la vie, vous êtes aide-soignante en EPHAD, pourquoi ce choix ?
J’ai commencé ma carrière en étant gendarme, mais j’ai eu des soucis de santé qui m’ont empêché de continuer. J’ai eu ces soucis qui m’ont fait passer énormément de temps dans les hôpitaux, et j’ai eu envie de passer de l’autre côté de la barrière. J’ai sauté le pas au moment du premier confinement là où il y avait besoin d’énormément de gens.

Il y a quelques semaines, un scandale touchait Orpea et Emera, le scandale des EPHAD, quelle est votre réaction suite à cette tourmente importante ?
Je ne peux pas m’exprimer sur le sujet Orpea car je n’ai ni les informations ni les compétences sur le sujet. Le problème majeur est le manque de personnel. On a beaucoup de patients, ils ont besoin de soin. Le manque de personnel fait qu’on a pas forcément les capacités nécessaires. On y fait face partout, hôpitaux, EPHAD, ou services hospitaliers. J’ai choisi de ne pas avoir de gros contrats pour être un peu plus libre sur mon planning. Je n’ai jamais eu à faire face à de la maltraitance dans les établissements où j’ai travaillé.
En parlant de santé, vous êtes atteinte d’endométriose, en faites-vous votre cause pour Miss France ?
J’en fais ma cause pour Miss France oui, mais je n’ai pas forcément envie de devenir la Miss à l’endométriose. J’ai la chance de ne plus avoir de lésions actives. Je prends en compte que des femmes ne sont pas dans mon cas, en souffrent au quotidien. J’ai envie d’utiliser cette écharpe pour mettre l’endométriose en avant. J’aimerais beaucoup participer à des évènements de soutien, en parlant autour de moi, en ayant l’occasion de rencontrer des femmes atteintes de cette maladie, aller dans des services gynécologiques, montrer que les femmes ne sont pas toutes seules dans cette situation. Quand on tombe malade on fait face à une certaine solitude, on est quand même seule face à sa maladie.
Vous êtes une des miss les moins suivies de la promotion, dans une des régions les plus rurales, est-ce que cela joue en votre défaveur ?
Je ne pense pas que ça joue en ma défaveur, les réseaux sont une chose et la vie quotidienne en est une autre. Sur les réseaux on montre tout ce qu’on a envie. Je préfère avoir des gens qui aiment ce que je fais. Être une miss ce n’est pas être une influenceuse, mais surtout aller à la rencontre des gens, tout le monde n’a pas les réseaux-sociaux. C’est vraiment un outil en plus, même si ça a une place très importante. Les gens plus âgés qui n’ont pas forcément les réseaux-sociaux voteront tout autant le soir de l’élection.
Nous ne doutons pas du classement de Sonia lors du concours Miss France et remercions à nouveau le comité Miss Franche-Comté pour sa confiance.

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