Maëva Balan : « Pour la première fois, je me suis sentie petite et grosse »

Maëva Balan est connue de tous les passionnés de concours de beauté en France : Miss International France en 2017, elle coache depuis des dizaines de futures Miss et donne ses conseils sur ses réseaux sociaux. A l’occasion de la rentrée de Tototheclock, nous l’avons rencontré.

Tu as été Miss Chrono des Nations 2014, Miss M et S Vendée 2015, des petits concours, puis tu as été propulsée en devenant Miss International France 2017, visais-tu l’international dès 2014 ?

Mon tout premier concours était Génération Mannequin, dans une boite de nuit chez moi. C’était l’été et avec une copine on a défilé dans la boite de nuit à minuit en maillot de bain, j’ai été retenue pour la finale à Paris, mais c’était plus pour les mannequins. Pour la première fois, je me suis sentie petite et grosse alors que j’avais 18 ans, je n’étais pas très grosse. C’était la première expérience où je me suis sentie jugée sur l’apparence. Une amie de mon ancien copain organisait Miss Plage des sables D’Olonne, avant que ça ne soit qualificatif pour Miss France, j’ai fini 2ème. J’ai rencontré Bernard Pichard qui a travaillé avec Geneviève De Fontenay, qui faisait toujours référence à Malika Ménard d’ailleurs pour nous parler de motivation et nous montrer qu’on ne devait jamais rien lâcher. C’est avec lui que j’avais fait les Miss Vélo. Je n’avais pas l’ambition de l’international. C’était un grand plaisir de participer à des élections, on portait des belles robes, c’étaient des challenges parce que j’étais très timide. A un moment je voulais arrêter les concours, mais tout le monde vous dira que les miss, c’est un peu comme une drogue. J’étais en Angleterre pour faire un stage de danse et j’ai vu la publicité pour miss International. J’ai vu que le concours se passait au Japon, et mon grand frère est parti y vivre depuis des années. Je me suis dit que ce serait cool de pouvoir aller voir mon frère et de refaire un concours. Je me suis inscrite, donné à fond, j’ai gagné l’élection et je suis allée à l’international.

Que retiens-tu du concours Miss International ?

[Elle réfléchit longuement]. Des rencontres déjà. J’ai gardé des contacts avec des miss qui étaient avec moi. Ce qui m’a marqué c’est quand j’étais sur scène, on était toutes avec notre costume national à attendre que le rideau tombe. Il y avait une petite partie de chaque pays du monde entier et je trouvais ça incroyable de pouvoir réunir le monde entier sur une scène.

Pour moi, ayant participé à ce concours, je ne l’ai pas du tout vécu comme un truc avec des chignons old school et des talons de trois centimètres. Le concours est au Japon, il ne faut pas l’oublier, ils sont très carrés dans tout ce qu’ils font. C’était important d’être à l’heure aux rendez-vous, bien habillée comme il faut. Si tu n’étais pas prête le matin, le bus partait sans toi, tu perdais des points. C’est plus leur manière de faire dans la culture japonaise qui nous paraît stricte.

En 2020, tu lance ElleetElles, devenu Missetlady, ton entreprise de coaching en prise de parole et défilé pour les futures Miss, pourquoi ?

J’ai commencé pendant le confinement. Ca m’a permis d’avancer sur mes projets, et peut être que je n’aurais pas fait tout ça ou plus tard. A l’époque j’étais déléguée pour Miss International France, je m’occupais de deux régions. J’avais une dizaine de candidates sous mon aile et je devais leur trouver des activités à faire, travailler leur défilé et prise de parole ça me semblait important. Quand j’ai été élue, j’ai juste fait mes valises sans aide, sans recommandations. Je suis partie sans connaître vraiment les codes du concours. Je me suis dit que j’allais les transmettre à mes candidates en tant que déléguée. Je leur ai fait mes premiers coachings et je me suis dit que c’était dommage de ne le faire uniquement à des candidates dont j’étais déléguée.

Le comité Miss International France t’interdit alors d’utiliser ton titre pour promouvoir ces coachings, les relations se sont-elles améliorées depuis ?

Je ne leur ai jamais reparlé depuis et ils n’ont jamais cherché à me recontacter d’ailleurs. Je n’ai même pas pu m’expliquer avec le directeur parce qu’il ne m’a pas laissé l’opportunité de le faire. Je leur avait annoncé en visio, ils étaient d’accord, mais je n’ai rien d’écrit malheureusement. A l’époque, le concours devait être en octobre mais avec le covid ça a été décalé à nouveau et ça faisait déjà 4 mois que j’attendais. Je sors mon entreprise, et un beau matin, à 10h, je vois une des candidates qui m’envoie un message qui me notifie que j’avais été supprimée du groupe avec les candidates après que le directeur ait dit qu’il ne cautionnait pas cette démarche privée et de ne pas partager pour que personne ne se sente obligé de payer, qu’il ne fallait pas me contacter. J’aurais préféré qu’on s’appelle pour en discuter, mais il m’a envoyé un grand mail en me disant que mon rôle de déléguée n’était pas compatible avec mon rôle de coach, ce que j’entends, et me dit que je voulais me faire de l’argent sur leur dos alors que je voulais juste de donner l’opportunité à toutes candidates de tout concours d’être coaché. Après j’ai su qu’il avait interdit aux filles de me suivre sur les réseaux sinon elles allaient perdre des points et être considérées comme déloyales. J’ai trouvé ça dommage car j’étais leur première Miss International France élue. Mon but était de faire grossir le comité parce que c’est un beau comité et qu’ils pouvaient concurrencer Miss France.

Depuis cette histoire, tu as coaché des dizaines de candidates, quel est ton palmarès de coaching ?

Je coache à la base des Miss, mais maintenant aussi des mannequins. Je suis aussi coach défilé de la première école parisienne de mannequinat. Il y a des différences entre les deux défilés mais ça commence à faire pas mal de monde. Il y a des miss qui ont marqué plus ou moins, c’est le cas d’Amélie, qui a remporté son écharpe de Miss Small Beauty Hauts-de-France, et qui a terminé 3ème dauphine à son élection nationale. Quand je l’ai coaché, elle assimilait la modification directement, c’était magique. Quand je lui disais de positionner ses bras autrement, elle comprenait et faisait le mouvement. C’était hyper facile, et elle a gagné son écharpe.

Tu es repartie l’année dernière à l’international, qu’as-tu pensé de cette aventure ?

J’y allais parceque j’avais eu que un mois pour me préparer à Miss International. J’essayais d’y aller avec une autre optique, mais j’ai découvert que chaque concours était vraiment différent. Miss Glam World c’était totalement différent, ce n’était pas le même pays, c’était l’inde. On a beaucoup travaillé sur le catwalk, la préparation, le Q&A session. On n’a pas découvert beaucoup de choses. C’était bien aussi, mais d’une autre manière. Je suis contente parceque j’ai réussi à être 7ème. J’ai eu un titre aussi, donc c’était aussi ça : essayer de revenir avec quelque chose même si tu reviens avec quelque chose dans la tête. [Elle rigole].

As-tu ressenti une gêne de passer d’un concours du BIG 5 à un plus petit concours ?

Non. J’ai atteint le niveau international donc jamais je ne referai un concours national parceque ça n’aurait pas de sens, mais chaque concours international a des objectifs différents, des choses à défendre différentes. Je me suis dit que je pourrais laisser la chance à un concours plus jeune et qui nous permet de découvrir de nouvelles cultures. On retrouve quand même toujours les mêmes codes.

Après tout cela, tu deviens une référence dans les concours de beauté français, mais de nombreux coachs se lancent dernièrement, est-ce que tu sens une compétition entre les coachs ?

C’est une question hyper intéressante, parce que quand tu commences à faire ton activité, que tu es le premier, ça fait bizarre. J’ai réfléchit et je me suis dit que c’était génial que d’autres arrivent parce que ca montre que c’est une bonne idée. Quand je dis aux gens que je suis coach de miss on s’étonne et on me demande ce que je fais parce que c’est méconnu. La concurrence permet aux « clients » de pouvoir choisir. Je n’ai pas fait de coachings avec les autres, mais c’est comme avec les professeurs, tout dépend du feeling. Si tu regardes aux USA il y en a à la pelle, et aujourd’hui si tu gagnes Miss France, tu peux avoir des coachs qui t’aident à te préparer mais tant que tu n’as pas atteint ce niveau personne ne va t’aider.

En tant que coach, il t’arrive de voir des mineures, penses-tu que les Mini Miss auraient leur place en France ?

Je trouve que c’est un sujet délicat, pour moi faire un concours de miss c’est vraiment que toi tu le décides pour t’emmener d’un point A à un point B. Ca peut t’amener de quelqu’un de très réservée à être comédienne comme je le suis aujourd’hui. Ca t’apporte énormément de choses intérieurement. Je me dis que quand on est enfant, on a pas trop la lucidité de ce que ça va être, et je me dis que c les rêves des parents qui le transposent sur les enfants. Voir toutes ces petites filles avec des faux cils, des perruques, c’est dur. Un concours c’est pas juste un jeu, c’est beaucoup de travail mental, et physique. Tu te prends plein de choses à la figure de la part de gens qui n’oseraient pas faire le quart de ce que tu fais. Il y a plein de choses à faire avec les Miss mais c’est déjà bien comme ça. Si c’est réglementé il faut quand même que ça parte de l’enfant.

Après ta newsletter, tes coachings, à quoi doit-on s’attendre ?

J’ai fait des formations en ligne. J’en ai sorti une pour savoir comment répondre aux questions du jury facilement. Au concours Miss Glam World j’ai appris énormément de choses, j’ai essayé d’analyser comment les autres faisaient, j’en ai déduit des petites règles que je donne dans cette formation en expliquant comment faire. Il y en a plusieurs qui vont arriver. Je fais une double carrière entre actrice et coach et à un moment je n’aurai plus beaucoup de disponibilités pour les coachings. Les formations permettent d’avoir l’accès à tout le monde n’importe quand, à ton rythme, tu peux quand même avoir les conseils et les infos. Il y a encore un projet, que je garde secret, mais avant la fin de l’année, il va y avoir un peu de nouveauté. Toutes les exclus seront dans la newsletter.

Entretien par Thomas Chiarazzo, Interview validée par Maëva Balan

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