Stéphanie Didon, déléguée du comité Miss Lorraine : « Pour moi il y a un temps pour tout »

La semaine dernière, en visio, devant un fond neutre représentant son calme, nous rencontrions Stéphanie Didon, déléguée du comité Miss Lorraine pour Miss France depuis 2017. Elle fait partie de ceux qui font vivre le grand concours des Miss toute l’année en région. Sa participation au concours en 1999, sa prise de poste après un scandale de harcèlement, les changements de critères, le futur du comité, pour Tototheclock, elle a accepté de répondre à toutes ces questions :

Stéphanie, vous avez participé à Miss Vosges en 1999, qu’en retenez-vous ?

J’étais une personne très timide à l’époque, ma famille m’a poussé, et je me suis aussi mis un coup de pied aux fesses. Je me suis dit qu’il fallait que je tente ma chance. Cela dit, ça n’a rien à voir avec aujourd’hui. On arrivait le matin, on nous mesurait, on faisait une répétition et le soir même on était sur scène. Se retrouver sur scène alors qu’on a pas l’habitude, c’était une expérience incroyable, J’ai été élue 2ème dauphine, donc titrée, j’étais ravie. Ca m’a beaucoup apporté, de pouvoir prendre la parole en public, évoluer et prendre confiance en moi. J’ai pu être à l’aise, aller en entreprise lors de mes stages avec une plus grande confiance.

En 2016, vous devenez co-déléguée du comité Miss Lorraine, puis déléguée en 2017 après Ludovic Faroult, accusé de harcèlement, est-ce que cela a été plus compliqué pour maintenir des liens avec les anciennes élues ?

J’ai très peu de liens avec les candidates en effet. On en a renoué l’année dernière après le covid. Vu les accusations qu’il y avait eu, les filles ne voulaient plus se présenter, les parents voulaient être présents, les partenaires n’avaient plus du tout envie de soutenir le comité, il nous as fallu deux ans avant de retrouver de la sérénité. Les jeunes femmes, surtout les Miss Lorraine, de son temps ne voulaient plus du tout entendre parler de tout ça. on les as toutes recontactées pour les inviter à Miss Lorraine 2022, certaines ont répondu présentes, d’autres ne pouvaient pas, mais le contact était bon.

Vous avez donc connu Miss France sous les égides de Geneviève De Fontenay, Sylvie Tellier, et Alexia Laroche-Joubert, quelle époque avez-vous préféré ?

C’est très difficile de comparer, avec Geneviève De Fontenay, le monde a évolué, il y a les réseaux-sociaux aujourd’hui. On fait des spectacles de dingue, ça n’a plus rien à voir du tout. On met un an voire six mois pour la préparation des filles. Avec Alexia Laroche-Joubert, on suit toujours les pas de Sylvie Tellier, il y a eu l’évolution, l’ouverture des critères. Je vais mieux aimer ce qu’on a fait aujourd’hui, parce qu’il y a du lien avec les jeunes filles qu’il n ‘y avait pas avant.

L’année dernière justement, le comité Miss France opérait de grands changements de critères : plus d’âge limite, ouverture aux mères de famille etc, constatez-vous un réel changement dans vos candidatures ?

Ca commence depuis cette année, l’année dernière le comité n’avait pas beaucoup commenté sur le sujet, mais on commence à voir des femmes mariées ou avec des enfants. On a eu des candidatures de femmes de 32 ans, beaucoup plus de candidates tatouées également. Ca commence à se savoir et des jeunes femmes commencent à se présenter.

La candidate la plus âgée dans le comité Miss France avait 37 ans. Existe-t-il une limite officieuse quant à l’âge maximum ?

On regarde surtout par rapport aux concours internationaux, où la limite est de 29 ans. Après, des femmes de 45 ans peuvent être magnifiques, mais comment départager une jeune femme de 18 ans et une jeune femme de 40 ans ? Elles n’ont pas du tout le même vécu. (Nous l’interrogeons sur ce qu’elle ressentirait si elle participait à nouveau cette année). J’aurais du mal, parce que pour moi il y a un temps pour tout, c’est la beauté, l’élégance et les jeunes femmes, mais pourquoi pas ?

Vous avez été un des derniers comités à relancer les élections départementales après le covid. Vous venez de le faire, à moitié, en 2023. Peut-on s’attendre à revoir Miss Vosges et Miss Meuse dans les années à venir ?

On travaille activement sur ce point, mais ça ne m’inquiète pas beaucoup parce qu’il y a énormément de candidates. Dans les Vosges on en a trouvé. Dans la Meuse c’est plus compliqué parce qu’on a très peu de candidates à cause de la taille. Des jeunes filles de 1m65 voudraient participer mais ne peuvent pas. On se rend compte que chaque année c’est le département qui pose problème. On s’est rendus compte aussi qu’on avait de plus en plus de mal avec les partenaires, ce n’est pas simple pour les financement. [Nous reparlons du comité Miss Franche-Comté, dont nous avions déjà échangé, et qui remettent des titres suite à un casting]. J’y ai pensé, mais là où ça me dérange, c’est que le public ne vote pas, c’est uniquement un jury. Je ne ferme pas la porte, on aurait pu titrer une Miss et des dauphines pour qu’elles représentent la Meuse cette année par exemple.

Stéphanie lors de la présentation des membres du comité en 2020

En parlant de départementale justement, vous avez des correspondants. En Picardie, le comité régional fait payer des licences départementales, est-ce que c’est une solution que vous pourriez à terme envisager ?

On a en effet parlé de mettre des comités départementaux. Je préfère que ce soit des gens qui fassent partie de mon équipe. La plupart du temps dans les autres départements, on le voit, ce sont des associations qui ne comprennent pas qu’on a une licence à payer, ça apporte des conflits. J’ai pas envie d’avoir notre image détériorée. Ca peut être bien parce que on a beaucoup de travail, on se concentre sur la régionale pour apporter un show de qualité. Notre correspondant Meurthe-et-Moselle a arrêté cette année pour des raisons personnelles donc on va sûrement devoir recruter.

Envisagez d’autres méthodes de candidature dans le futur ? Des qualifications locales ? Le retour de Miss Cristal Baccarat ?

Je suis invitée à Miss Grand Nancy chaque année et on en avait déjà parlé, on s’était dit : « Pourquoi pas qualifier des jeunes filles de ces élections là ». Il faut en discuter avec les comités. On prends toujours les Miss départementales et leurs dauphines en laissant une place pour les anciennes titrées puisqu’elles ont le droit jusqu’à trois participations régionales. On sélectionne aussi des candidates départementales non élues puisqu’on va toujours jusqu’à 16 candidates sur scène, sauf en 2019 où on est montés à 18 mais ça faisait beaucoup. Quand on fait la délibération avec le jury départemental, ça se passe à peu de choses près pour que celle qui est derrière arrive devant, c’est ce qui s’est passé cette année pour plusieurs candidates repêchées. Pour le concours Miss Cristal, c’est non. Organiser une élection c’est énormément de travail, on a tous des familles, des enfants, un travail prenant, si on arrive à maintenir les départementales et la régionale ce sera bien.

Toutes vos Miss ont ramené un titre du concours Miss France, en 2016, un top 5, l’année dernière, un top 7, Miss France est-il un objectif ?

L’objectif c’est Miss France !! On y a beaucoup cru l’année dernière avec Sarah Aoutar. Nos miss c’est les nôtres, on croit en elles. Quand on fait nos castings, on cherche la Miss France. L’année dernière on croyait vraiment au top 5. Avec l’équipe du comité, on pensait avoir notre Miss France.

Enfin, que peut-on attendre du spectacle Miss Lorraine 2023 à Toul ? Des invités ? Un indice sur le show ?

Cette année, on va dévoiler officiellement le thème de l’élection le 9 septembre à la conférence de presse, ce sera sur les chanteuses américaines. Un show toujours accompagné de l’association Chor à Corps. On va essayer d’apporter des petites choses nouvelles. On a envie de mettre le feu, que ce soit festif, que les gens se retrouvent dans les musiques. Le thème plaît en tout cas beaucoup aux candidates. On regarde déjà l’année prochaine pour changer de département. On va essayer de l’annoncer à Miss Lorraine au mois d’octobre. On a des petites choses à discuter avec le futur partenaire. Si on va en Moselle, on aimerait faire quelque chose de dingue. Amnéville en 2019, c’était chouette, et là on serait sur une salle avec une grande technique. Si on peut se le permettre on pourra faire plein de choses. C’est beaucoup d’argent, beaucoup de moyens financier. Cette année le spectacle sera très sympa. La salle de Toul (Meurthe-et-Moselle) peut accueillir jusqu’à 1200 personnes. La ville est proche de la Meuse et de la Moselle. Quand on commence à s’éloigner c’est plus compliqué. On aimerait bien changer de département à chaque fois et le faire deux années consécutives pour permettre aux partenaires de toute la région de s’y investir. On aimerait bien aussi pouvoir le faire en Meuse, mais le problème ce sont les salles, pouvant accueillir le public, et les candidates.

Cette année, Indira Ampiot sera présente à Miss Lorraine 2023, accompagnée de Cindy Fabre.

Entretien par Thomas Chiarazzo

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