Léna Vairac est Miss International Île-de-France Paris XIIIème. Après des études en master marketing de mode, Léna s’est lancée dans la communication pour des marques éco-responsables et la création de contenu sur les réseaux-sociaux, surtout YouTube, Instagram et TikTok. Elle prône un mode de vie plus responsable et plus intuitif à travers notamment des vlogs. Son prochain objectif est de décrocher la couronne de Miss International France.

T- Miss International n’est pas ton premier concours, quand as-tu commencé ?
L- J’ai commencé les concours de mini miss à l’âge de 8 ans. C’étais des tous petits concours. J’ai repris à 16 ans avec le concours Jeune fille Alsace-Lorraine 2016 où j’ai gagné, puis Miss Teen Forbach où j’ai été 2ème dauphine. J’ai participé à Miss 15/17 Lorraine 2018 et je me suis inscrite au casting de Miss Moselle, mais je n’ai pas été retenue car à l’époque où ne pouvait pas participer à Miss France après avoir fait d’autres concours la même année. Ce n’était que partie remise parce que l’année suivante j’ai participé à Miss Moselle 2019. Je ne voyais que Miss France, j’ai refait les castings, mais je n’allais jamais plus loin que l’étape du casting. J’ai fait mon premier concours national l’année dernière, Miss Grand France où je suis arrivée 2ème dauphine et j’ai été repérée à l’international par plusieurs comités. Miss Ecology International fut une expérience très formatrice. On se rend compte que la rigueur qu’on a en France n’est pas du tout la même que là bas, je me suis pris ça en pleine face, mais je me suis senti prête à continuer à l’international donc je me suis inscrite à Miss International France.
T – Peux tu justement nous parler de ton aventure à Miss Ecology International ?
L- Je tire beaucoup de positif de cette aventure. J’ai un travail à côté, je n’avais pas de comités, je savais que j’y allais pour m’amuser. J’étais un peu naïve, je pensais que pour une première édition tout le monde allait être chill. Vu que l’Amérique latine et les Philippines ont une culture des concours de beauté très forte, ils ne prennent pas les choses à la légère. On est tellement dans cet esprit de compétition que je me suis trop pris au sérieux. A l’international, mon catwalk n’avait pas le niveau. Je m’entraînais tellement que j’avais des cloques au pied. On m’a aussi dit que j’étais grosse. Les gens ont des propos très durs. Oui, j’ai des hanches, mais je met du 38, je suis svelte, j’ai un physique assez sportif. Même si c’est un nouveau comité, les idées n’ont pas évolué. L’organisation était mauvaise. Le but pour moi en allant au Venezuela pour participer à Miss Ecology était de découvrir un nouveau pays, mais toutes les filles se prenaient en photo et ne profitaient jamais de l’instant présent. J’imaginais plus de sororité et de naturel. Mon but était aussi de promouvoir la beauté au naturel, être élégante avec des pièces éco-responsables mais toutes les filles avait du SHEIN dans leur sac. Beaucoup m’ont critiqué, là bas comme sur les réseaux-sociaux en me disant que j’avais pris l’avion et que je n’avais pas été écolo, mais c’était une balance. Là bas je ne portais que des pièces de créateurs français, eco-friendly, vegan, de la seconde main ou ce que j’avais fait moi-même. Ils ont une crise énorme aux Venezuela, donc l’écologie n’est pas leur priorité. Attention, Je ne suis pas une sauveuse blanche, je ne veux pas être prise comme telle, mais pour moi c’est une cause importante. Quand tu regarde les projets vidéos, la gagnante est d’ailleurs une des seules à avoir un projet de fond.
T- Tu as aussi participé à Miss Grand France, un concours fortement critiqué, à juste titre ?
L- Je suis très contente que Lucie ait gagné quand j’ai participé, elle ne faisait pas partie des favorites sur les réseaux-sociaux, mais elle a réussit à prouver que la différence entre Instagram, les filtres et les belles photos, et ce qui se passe sur scène, change tout. La beauté ne suffit plus aujourd’hui. Si tu ne sais pas avoir une démarche et savoir vivre tu ne peux gagner. Cette année, les candidates ont eu une vraie élection, nous avions juste payé une inscription de 300 euros pour amener nos propres tenues. Les couronnes et les écharpes venaient de SHEIN, on a fait l’élection dans un restaurant. C’était décevant par rapport à ce qu’on nous avait promis.
T- Après ces expériences, ressens-tu une pression face à Miss International ?
L- Il fait partie des grands concours, mais la plus grande difficulté est que c’est un concours exigeant, à juste titre. Miss International met vraiment en avant le savoir-vivre, l’éloquence de la candidate, c’est aussi très ancré dans la culture japonaise où l’élégance, le savoir-vivre et le charme est mis en avant. Cette année, le défilé maillot est en huit clos, car le point est mis sur ce que la Miss va réellement apporter.
T – En 2019, tu faisais ton coming-out public à Miss Moselle 2019, la place des personnes LGBT+ dans les concours a-t-elle changé selon toi ?
L- Oui, mais je ne pense pas que c’est moi qui ai mis ça en avant. Je suis quand même fière d’avoir été out, d’être dans les premières à l’avoir assumé. Quand j’étais plus petite, j’aurais bien aimé avoir eu des modèles pour se dire que ce n’est pas une maladie, c’est beau d’aimer qui on veut, de normaliser la chose. L’avantage c’est que ce n’est plus tabou. A Miss France, les femmes transgenres peuvent participer, dans de nombreux concours d’ailleurs. Quand j’étais Miss Ecology, il n’y a pas eu de soucis. Ce sont d’autres cultures, elles auraient pu être dégoutées, mais non, elles avaient une ouverture d’esprit hyper saine. Pour Miss International, je ne sais pas comment ça peut se passer, je pense que ça pourrait faire changer les choses d’envoyer une candidate LGBT et donner un coup de jeune dans un concours que beaucoup peuvent voir comme un peu plus vieillot.
T- Avec du recul sur tes expériences, penses-tu que les concours de Mini-Miss devraient être rétablis ?
L – C’est une question de balance. Ils n’ont rien à voir avec les concours aux Etats-Unis, avec des rajouts sur les cheveux des petites filles, des faux ongles qui les abiment etc. Rien qu’avec Miss France pendant des années il n’y avait pas de chirurgie. On avait cette culture de naturel. Quand j’en faisais quand j’étais petite, c’était de ma volonté, je voulais mettre ma petite robe de princesse mais je sais que beaucoup de petites filles non et que ce sont leur mère qui voulaient retranscrire leur rêve à travers elles. Il y a des parents qui pourraient dériver, c’est déjà le cas dans d’autres milieux comme le sport ou la musique. Je pense qu’il faut au moins le mettre à partir de 13 ans, où la jeune fille peut déjà dire oui ou non, parce que le consentement est beaucoup plus pris en compte. C’est aussi le rôle des comités d’être bienveillants. Miss Moselle par exemple, ça a mis ma confiance en moi en péril. La dernière fois où je n’ai pas été sélectionnée à Miss Lorraine, j’ai dit à mes amis « je suis moche » et c’est hyper destructeur.

T – Pourquoi avoir choisi de vivre dans une démarche écologique ?
L- Quand j’ai fini le lycée, je suis allée en école de mode, à côté d’un centre commercial et on faisait souvent les boutiques. On avait beaucoup de conférences sur la seconde main, et j’aimais bien les tenues uniques. A force de toutes ces conférences d’écoresponsabilité j’ai pris la décision du jour au lendemain de ne plus du tout consommer de fast fashion, et voir ce que je pouvais faire à mon échelle. Il y a plein de causes dans le monde qui ne concernent pas tout le monde, mais l’écologie est universelle, ça n’a pas de visage. On est tous sur la même planète. Ca va atteindre tout le monde, peu importe qu’on soit riches, pauvres, blancs, noirs etc. Dans mon mode de vie j’essaye d’être la plus écolo possible. On m’a même dit qu’avoir un téléphone n’était pas écolo, mais je l’ai pris reconditionné, être écolo ce n’est pas vivre reclus. C’est ce que j’encourage, grâce aux concours de miss, je peux avoir cette parole pour toucher le plus de monde possible.
Miss International France 2023 aura lieu le 24 septembre à Roubaix.

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