Marion a 26 ans. Après avoir réalisé les costumes de nombreuses Miss Lorraine pour Miss France, ce qui lui a valu d’être critiquée par la grande Geneviève de Fontenay, Marion Lambert se lance le défi d’être créatrice à l’international !

Pourquoi vous être tournée vers la création ?
Je me suis toujours dit qu’on avait des mains et un cerveau pour en faire quelque chose d’utile. La création est une manière de laisser l’imagination guider les projets. C’est une manière d’exprimer son côté artistique. Je voulais me tourner vers le textile parce que j’adore les costumes et déguisements depuis toute petite. Le côté évolution de tout ce domaine, partir de si peu pour en arriver à un résultat fascinant est interpellant. On utilise les 5 sens. Chacune de mes créations m’a appris vers quel style je voulais me tourner, quelle technique je voulais utiliser.
Avez-vous déjà eu des créations qui ne vous ont pas plus et que vous avez mises à la poubelle ?
Oui. A Bordeaux, il y avait un défilé intitulé « Hybride Factory ». J’étais initialement partie sur un style qui me correspond, avec des hybrides mythologiques, des faunes. Les professeurs n’étaient pas d’accord avec ce que je voulais faire, donc j’ai fait quelque chose de très robotique à contrecœur. Je voulais partir sur quelque chose de haute-couture qui fasse scène à la fois. J’ai gardé une ou deux pièces maximum car c’était une collection qui m’a plus que déplu. Je n’ai pas aimé le faire. Je ne savais pas où aller, ni par où commencer. Je me rends compte avec le recul que je n’ai pas eu assez de répondant, pour dire que mon idée était la bonne et que je devais avoir mon propre caractère.
Pouvez-vous revenir pour nous sur le scandale qui vous a touché en 2019 ?
En 2019, l’élection régionale vient à s’achever et j’ai adoré cette aventure. Je me prépare cette-fois en avance, je visite des musées, jusqu’à Verdun, pour être au plus proche du costume. Vient le moment où on annonce ma sélection, où j’ai beaucoup de commentaires positifs. Le 24 octobre, je reçois un message de mes amis qui me disent que Geneviève de Fontenay a réagi à mon costume. J’écoute son, où elle m’insulte publiquement de « tarée ». Je ne comprends pas trop ce qu’il se passe à ce moment-là. Je me dis qu’une personnalité publique qui parle de moi est flatteur, mais ca continue, et les critiques deviennent lourdes. J’ai vécu les deux côtés, car j’ai eu beaucoup de soutien, mais aussi beaucoup de détracteurs. Le scandale a été repartagé jusqu’en Nouvelle-Calédonie. Le costume a fait beaucoup parler. J’ai eu Sylvie Tellier un long moment au téléphone, qui a essayé de me raisonner, et de trouver une solution. J’ai eu une petite reconnaissance dans son livre « Miss France, 1920 – 2020 », et j’ai pu me dire que je n’avais pas fait ça pour rien, même si je suis encore un peu dans l’incompréhension face à cela.
Est-ce que ça vous as permis de faire de nouvelles choses ?
Il y a un an j’ai ouvert ma micro entreprise et rejoint une organisation qui rassemble plusieurs créatrices vosgiennes, le syndicat UNACAC (Union Nationale Artisanale de la Couture et des Activités Connexes). Je suis secrétaire de l’UNACAC Vosges. Ca m’a permis de faire des choses que je n’aurais pas pu faire autrement. J’ai eu les soutiens de plein de créateurs qui participaient la même année que moi. J’ai pu continuer chez les Miss. J’ai un partenariat avec le comité Miss Lorraine qui dure depuis décembre 2018, quand j’ai fait le costume de chardon lorrain pour Emma Virtz. Ca fait plus d’un an que je bosse avec eux dans les créations artistiques. Grâce à ça j’ai pu évoluer et me lancer dans de nouveaux challenges, notamment la création sur le thème du cirque, que j’ai moi-même porté au salon de la gourmandise. J’ai défilé dedans. La nouveauté de cette année, c’est que je vais participer à un évènement mondialement connu, dont je ne peux pas encore parler. Il y a des choses où je dois faire du bricolage, de la soudure, je porterai une triple-casquette.

Vous avez réalisé la robe nationale d’Ambassadrice France, comment s’est passé ce projet ?
Je connais Elsa, la présidente depuis un petit moment. On a toujours communiqué sur les réseaux, et ça faisait des années qu’elle me demandait de faire la robe nationale. Je faisais partie de l’image Miss France, qui est une image très surveillée, et donc les collaborations extérieures sont rares. Maintenant que je suis lancée dans la micro-entreprise, j’y suis en tant que Marion Lambert Création. J’ai imaginé la robe, tout en voyant avec l’Ambassadrice ses goûts, aux couleurs de la nation. Elle voulait quelque chose d’un petit peu léger, les détails de la plume. Sur le costume du chardon lorrain, j’avais déjà utilisé plus de 40 mètres de ruban de plumes, j’adore utiliser cette matière. La présidente a également approuvé le croquis.
Il y a quelques mois vous avez réalisé le costume national de Lucie Carbone pour Miss Grand International. Est-ce que vous le referiez ?
Chez Miss Grand France, je ne pense pas. Je l’ai fait parce que je connaissais Lucie d’un précédent concours. Si j’ai une proposition pour un concours international, qu’on me laisse plus de temps et que je suis payée alors oui. Pour Lucie, avec les temps très limités, il y a fallut que j’aille rechercher des créations précédentes, dont la jupe qui avait été utilisée pendant le show Miss Lorraine, qu’on a dû mixer avec des créations moins personnelles.
Vous pourrez retrouver Marion à l’élection de Miss Lorraine 2023 le 8 octobre prochain.

Laisser un commentaire